Mosaïque, éd. Lieu Commun

 

Le monde est-il une piste de cirque ?

Orphelins, abandonnés sur la plage blanche, de petits personnages en quête d’identité se querellent, se blessent, se déclarent des guerres où le langage est l’arme de vie et de mort. Le récit poétique de Julien Friedler est une succession de contes loufoques, de seynètes fantastiques, de parodies où les grandes questions métaphysiques qui agitent une humanité déboussolée virent au cauchemar. Ces rêves d’outre-vie sont traités sur le mode de ‘humour et de la comédie absurde.

Mosaïque est la mise en scène d’une modernité éclatée où la multiplicité des récits et des fictions égare le voyageur le plus sensé.

Du coup, les tambours accélèrent la cadence. Chaque danseur avait un partenaire d’une autre couleur qu’il fallait affronter.

Les pieds partaient et frôlaient les visages;

Les corps s’arc-boutaient;

Les poings s’élançaient dans le vide : plus qu’une danse il s’agissait d’un combat dansé, proche de la capuera brésilienne.

Ombre-Tâche; Tâche-Ombre; Ombre-Tâche : les partenaires tournaient, sautaient, se mesuraient avec une virtuosité et une dextérité extraordinaires, la musique devenant, au fur et à mesure des combats, plus rude, plus rapide, plus sauvage…

Elle  atteignit ainsi un sommet à partir duquel elle ne pouvait que décroître.

Alors les couples se séparèrent – les Ombres d’un côté, les Tâches de l’autre-et chacun se replia sur lui-même.

 

Bientôt, il n’allait plus y

avoir ni lutte, ni danse, ni

mouvement: seulement un

lent et progressif

apaisement, un retour sur

soi, la fin d’une

individuation douloureuse,

qui, si elle a pris des

millénaires pour se réaliser,

n’en est pas absolue pour

autant.